À chaque évacuation, des dépôts s’accumulent sur les parois internes des canalisations : matières organiques, graisses, calcaire, sédiments…
Pour déboucher les conduits et restaurer un écoulement optimal de l’eau, de nombreux professionnels font appel à l’une de ces deux techniques. Mais si leur efficacité est réelle, elles présentent chacune des atouts et des inconvénients très différents.
Objectifs, mode de fonctionnement et cas d’usage : voici l’essentiel à savoir sur ces 2 méthodes pour faire votre choix en connaissance de cause.
Avez-vous besoin d’un curage hydraulique ou mécanique ?
L’objectif d’un curage, qu’il soit hydraulique ou mécanique, est de nettoyer et décaper vos réseaux en profondeur pour éliminer les dépôts qui s’y sont accumulés.
Cette opération, bien plus puissante d’un simple débouchage avec un furet, est incontournable :
- Dans le cadre de l’entretien périodique des réseaux. Pour un immeuble collectif, nous préconisons un tel traitement tous les 3 à 5 ans environ.
- Lorsqu’une canalisation est obstruée ou même carrément bouchée. Concrètement, cela se traduit par l’apparition d’odeurs nauséabondes, de refoulements, voire des inondations au sein des logements.
- Avant une réhabilitation par chemisage. Cette technique consiste à réparer les réseaux par l’intérieur en déposant sur les parois internes une couche de résine. Mais pour que cette seconde peau adhère correctement au support, celui-ci doit être parfaitement propre et décapé !
Comment fonctionne le curage hydraulique ou hydrocurage ?
Lors d’un hydrocurage, une fine buse rotative montée à l’extrémité d’un flexible projette de l’eau à haute ou à ultra-haute pression contre les parois de la canalisation, comme vous le voyez sur cette courte vidéo :
Pour cela, on utilise l’énergie fournie par un groupe haute pression, lui-même alimenté par un moteur thermique ou électrique.
Selon nos objectifs et les contraintes d’accès au site, nos équipes disposent de plusieurs types de pompes et de véhicules hydrocureurs.
Le curage de canalisations à haute pression
Pour mettre en œuvre cette technique, la plus courante chez les professionnels, nous utilisons une pompe haute pression à 350 bars environ, montée sur skid pour être autonome en énergie. L’ensemble est embarqué dans un véhicule hydrocureur compact équipé d’un moteur thermique.
Le débit d’eau habituel est de 60 litres par minute.
Une telle configuration est suffisante pour déboucher des canalisations faiblement obstruées, jusqu’à une vingtaine de mètres à la verticale.
Le curage Haute-Fréquence ou à ultra-haute pression
L’hydrocurage Haute-Fréquence, mis au point par Curatec, est directement inspiré de techniques utilisées en industrie.
Cette méthode consiste à propulser de l’eau à une puissance nettement supérieure, mais avec un débit très faible de 17 litres par minute environ, afin d’éviter tout problème d’engorgement ou de refoulement dans les logements.
Pour cela, nous disposons de véhicules hydrocureurs de 5 tonnes, équipés d’un moteur hybride turbocompressé et d’une pompe à ultra-haute pression pouvant atteindre 1500 bars en théorie.
Dans les faits, lors d’un curage Haute-Fréquence, la puissance réelle au niveau de la pompe se situe plutôt entre 800 et 1000 bars.

Une telle puissance, conjuguée à un faible débit volontairement maîtrisé, nous permet de curer efficacement tout type de canalisations verticales jusqu’à 160 mètres environ, quel que soit le niveau d’obstruction.
Les techniciens Curatec, qui opèrent depuis les parties basses, interviennent régulièrement sur des canalisations d’eaux usées bouchées à 70 ou 80 %, entièrement décapées après notre passage !
Comment fonctionne un curage mécanique ?
Contrairement au curage à haute ou ultra-haute pression, le curage mécanique fonctionne « à sec », sans eau ni produit d’aucune sorte.
L’opérateur actionne pour cela une tête fraiseuse munie de chaînes souples ou d’inserts métalliques, qui tourne sur elle-même à l’intérieur de la canalisation. Cette rotation à très grande vitesse crée une série de chocs et de vibrations qui ont pour effet de désagréger les bouchons et les dépôts.
Sur cette vidéo, on voit très clairement l’action de nettoyage par fraisage exercée par ce type d’équipement.
Plus basique et facile à mettre en œuvre, ce type de décapage à sec est donc moins cher qu’un débouchage des canalisations à ultra-haute pression.
Cette technique fonctionne très bien sur certains dépôts comme le tartre, et son utilisation est possible sur la plupart des conduites jusqu’à 150 mm de diamètre environ.
En revanche, les chaînes qui viennent « taper » contre les parois exercent une contrainte beaucoup plus forte sur les colonnes de chute.
Quelle technique privilégier sur quelles canalisations ?
Cas n°1 : vos canalisations sont vétustes ou très dégradées
En règle générale, sur des canalisations vieillissantes, voire fuyardes, mieux vaut éviter le nettoyage par fraisage, qui risquerait d’endommager encore plus les conduites sous l’effet des chocs et des vibrations.
Par exemple, sur des canalisations en fonte qui ont une cinquantaine d’années, ce type d’intervention comporte un risque non négligeable de casse et de dégât des eaux.
Selon les résultats de l’inspection vidéo réalisée en amont, nous procédons plutôt :
- Soit à un curage biologique seul, si les canalisations sont dans un état de dégradation avancé.
- Soit à un nettoyage biologique suivi d’un curage hydraulique, car le traitement biologique permet de « ramollir » les bouchons les plus résistants, et donc de limiter les contraintes exercées sur la canalisation support lors du curage à haute pression.
Cas n°2 : l’inspection des canalisations révèle un bouchon très localisé
Sur des canalisations en bon état, le décapage par fraisage donne d’excellents résultats sur des bouchons denses et ciblés ou sur de petites longueurs : amas de lingettes, masse de sédiments dans des réseaux d’eau pluviale après un violent orage…
Notre équipe utilise en particulier ce procédé lorsque l’inspection des canalisations a révélé l’existence d’un bouchon très localisé, par exemple au niveau de la 4e cave à droite.
Employé seul ou en complément d’un curage hydraulique, le curage mécanique nous permet alors de gagner du temps, et donc de proposer une intervention au meilleur coût.
Cas n°3 : vous voulez déboucher des colonnes de chute dans un immeuble collectif
En revanche, les résultats du nettoyage par fraisage sont moins convaincants sur le curage de collecteurs ou sur de grandes longueurs.
Pour le débouchage des colonnes de chute d’eaux usées ou d’eaux-vannes de plusieurs dizaines de mètres de longueur, mieux vaut privilégier le curage Haute-Fréquence, car l’eau projetée à ultra-haute pression contre les parois exerce une action plus efficace et moins contraignante sur des canalisations en fonte ou en PVC.
En plus, le flux d’eau à bas débit facilite l’évacuation des croûtes de tartre et des dépôts pulvérisés, qui s’écoulent naturellement en pied de colonne.
Grâce à l’action tout en douceur du procédé Haute-Fréquence, vous limitez donc le risque de casse, et les résultats sont nettement plus satisfaisants sur toute la longueur de la canalisation.